Sous-titres qui dérivent : l'effet 23,976 / 25 images par seconde
Dans cet article 9 parties
Si les sous-titres sont justes au début mais de plus en plus décalés, ce n'est pas un décalage constant : c'est une dérive. Elle vient souvent d'une version de la vidéo à une autre fréquence d'images (par exemple 23,976 et 25 images par seconde). On la corrige avec une méthode à deux points.
Une cause parmi d'autres
Ce guide traite une seule cause de dérive : la fréquence d'images. Pour savoir si votre cas est une dérive ou un simple décalage constant, et pour la méthode générale de correction, voir décaler ou synchroniser des sous-titres.
Le calcul
Une vidéo à 24000/1001 ≈ 23,976 images par seconde, accélérée à 25 images par seconde (conversion fréquente pour la diffusion en 25 i/s), dure moins longtemps. Le rapport est 25 ÷ 23,976 ≈ 1,04271. Exemple pour un film de 2 h :
- Durée à 23,976 i/s : 120 min 0 s.
- Durée à 25 i/s : environ 115 min 5 s.
- Écart cumulé : environ 4 min 55 s, soit près de cinq minutes de dérive en fin de film.
Des sous-titres calés sur l'ancienne version arrivent donc de plus en plus en retard. Pour les resynchroniser, il faut multiplier leurs temps par 0,95904.
Corriger
La correction est une synchronisation à deux repères, décrite dans le guide dédié et réalisable avec l'outil de décalage. Ce que la cause « fréquence d'images » ajoute : vous connaissez d'avance l'étirement attendu (le rapport ci-dessus). Si l'outil calcule un facteur très différent de ce rapport, la cause est probablement autre (montage, coupes) et non la fréquence d'images.
Limites
- Si la vidéo a été montée différemment (scènes coupées, publicités retirées), l'étirement linéaire ne suffit pas : il faut re-caler par morceaux, voir couper un fichier SRT en deux.
- D'autres rapports existent (par exemple 24 contre 25 i/s) : le principe est le même, calculez le rapport entre les deux durées.
Comment reconnaître cette cause
Notez l'écart de calage à trois moments : au début, au milieu, à la fin. Si l'écart grandit de façon régulière (par exemple 0 s, 2,5 s puis 5 s), la dérive est linéaire et la méthode à deux points la corrige. Si l'écart saute brusquement à un endroit précis (publicités retirées, scène coupée), ce n'est pas une question de fréquence d'images : il faut recaler en deux morceaux.
Les fréquences d'images courantes
| Images par seconde | Usage habituel |
|---|---|
| 23,976 et 24 | Cinéma, séries, nombreuses vidéos en ligne |
| 25 et 50 | Télévision et vidéo dans les pays de tradition PAL, dont la France |
| 29,97, 30, 59,94 et 60 | Télévision de tradition NTSC, captures d'écran, téléphones, jeux vidéo |
Connaître la fréquence d'une vidéo
- Dans un lecteur comme VLC : menu Outils, « Informations sur les codecs ».
- Avec MediaInfo, logiciel gratuit qui détaille chaque piste d'un fichier.
- En ligne de commande :
ffprobe -v error -select_streams v:0 -show_entries stream=r_frame_rate -of csv=p=0 video.mp4affiche par exemple24000/1001, soit 23,976.
Ce qui crée vraiment la dérive
Les horodatages d'un fichier SRT ou VTT sont en millisecondes, pas en images. Changer la fréquence d'une vidéo sans changer sa vitesse (en dupliquant ou en supprimant des images) ne décale donc pas les sous-titres. La dérive apparaît quand la vidéo est accélérée ou ralentie pour passer d'une fréquence à l'autre, comme dans la conversion de 23,976 à 25 images par seconde décrite plus haut, où toute la vidéo est jouée environ 4 % plus vite.
Questions fréquentes
Et entre 29,97 et 30 images par seconde ?
Le rapport vaut 1,001 : l'écart est d'environ 3,6 secondes par heure (3 600 × 0,001). Il passe inaperçu sur une vidéo courte, mais se remarque en fin de film.
Le son est-il aussi concerné ?
Oui : quand la vidéo est accélérée, la piste audio l'est aussi, et c'est pourquoi la parole et les sous-titres se désynchronisent. Les sous-titres ne font que garder les anciens temps.